Retour à l'accueil aide aux parents
Les dossiersSéparationTélévisionPipi au litSexualitéAttentatsConcentrationMortSommeilLe projet ADPEGraphismeLangageLatéralité SpatialitéTemporalitéLectureDessins à colorier ContactPlan du site

Les besoins des enfants et le rôle de l'adulte à propos de la mort : les 12 principaux conseils

la mort

Permettre à l'enfant d'assister aux obsèques.

Les enfants aiment en général faire partie des rituels du deuil. Si l'enfant choisit d'assister aux obsèques, il importe de s'assurer qu'il comprend bien ce qui s'y passera. Les funérailles peuvent permettre à l'enfant de comprendre ce qui se passe et de faire ses adieux à la personne disparue.

Il peut participer au rituel en déposant un dessin, une photo ou un objet familier.

Toutefois, si un enfant a peur d'assister aux obsèques, il ne faut pas l'obliger. Il faut alors trouver une autre façon pour lui de dire au revoir à la personne décédée (allumer une chandelle, dire une prière, préparer un album-souvenir, regarder des photos, raconter des anecdotes ou visiter le cimetière).

Rassurer l'enfant

Lui dire qu'il est aimé et bien entouré, que la vie continue et que la tristesse passera, que les sentiments de colère et de frustration font partie du deuil et que les membres survivants de la famille sont en bonne santé et ne mourront probablement pas avant d'être beaucoup plus vieux.

Lui dire qu'il n'est pas responsable du décès

L'enfant peut développer un fort sentiment de culpabilité, et se croire responsable de la mort de la personne, notamment si, dans un moment de colère, il y a déjà pensé ou s'il croit ne pas l'avoir aimée suffisamment.

On gagne toujours, même si l'enfant ne manifeste rien de cet ordre, à lui dire que ce n'est pas de sa faute. Aller vers lui et le lui dire, une fois ou même plusieurs fois. On retrouve ce même comportement face à la maladie. C'est important de mettre des mots sur ce qui se vit, "je suis malade, j'ai un cancer, mais tu n'y es pour rien, ce n'est pas de ta faute", et même si on a l'impression d'enfoncer une porte ouverte, parce que c'est évident qu'un enfant de deux ou cinq ans ne peut pas en être responsable.

Encourager l'enfant à exprimer ses sentiments

Il faut autoriser l'enfant à exprimer ses émotions, à pleurer s'il le souhaite.

Il peut être utile de discuter avec lui de son sentiment de perte, de s'asseoir avec lui pendant qu'il joue avec ses jouets et de tenter de voir s'il manifeste de l'agression dans le jeu ou de découvrir sur quoi est axée sa colère.

Dire la vérité - être franc

Il faut expliquer à l'enfant les faits réels, en tenant compte de leur âge. Eventuellement lui parler des circonstances du décès en disant les choses simplement.

Il faut lui permettre de poser toutes les questions à son rythme afin de lui expliquer ce qui se passe et de pouvoir le rassurer.

Ne pas le mettre à l'écart

Même si c'est dans l'intention de protéger l'enfant, une chose est sûre, la solution n'est pas de l'écarter.

Il a besoin de partager le temps du deuil avec sa famille. Durant cette période, l'enfant est souvent délaissé, alors qu'il a besoin qu'on prenne soin de lui.

Maintenir des repères stables

La mort perturbe et casse les repères, ce qui est très angoissant pour l'enfant.

L'enfant a besoin d'être sécurisé, et ça passe par la nécessité de maintenir les repères préexistants :

  • aller à l'école, c'est un lieu à préserver et c'est toujours important que les instituteurs, les professeurs, les directeurs d'établissement soient au fait de ce qui se passe, pour leur permettre de remettre dans une plus juste perspective les manifestations qui paraissent un peu décalées, comme l'agressivité ou le déclin scolaire.
  • continuer les activités sportives et culturelles,
  • se rendre sur les lieux habituels que la famille fréquentait quand elle était au complet,
  • célébrer les dates anniversaires.

De plus, il faut lui expliquer, le nombre de fois nécessaire, la nouvelle configuration de sa vie, les choses qui changent et les choses qui ne changent pas.

Attention aux expressions et aux mots utilisés !

Il ne faut pas oublier que les enfants ont des idées concrètes et qu'ils ont une compréhension très littérale des mots. Les adultes utilisent souvent des euphémismes en parlant de la mort.

L'impact du choix des mots va donc être très important pour lui, il importe d'utiliser des paroles qui ne font pas peur aux enfants.

Il est plus pratique de leur expliquer clairement ce que signifient les mots « mort » et « mourir ».

Exemples :

  • si un adulte dit : « Nous avons perdu grand-maman aujourd'hui », un enfant pourrait se demander pourquoi on ne tente pas de la retrouver.
  • une explication comme, « Papa dort paisiblement maintenant » pourrait entraîner chez l'enfant la peur de dormir ou des troubles du sommeil.
  • si on lui dit "maman est partie pour un long voyage", il peut développer colère et ressentiment parce qu'elle ne l'aura pas emmené avec elle, ou bien un sentiment d'abandon, ou de culpabilité fondée sur le fait que "si maman est partie, c'est sans doute que j'ai fait quelque chose de mal." ou encore l'illusion qu'elle va revenir, parce que lorsque l'on part en voyage, on revient ; ou une incompréhension de la situation, "pourquoi tout le monde pleure si elle est partie en voyage, il n'y a pas lieu d'être triste !"
  • "Dieu a pris ton papa pour l'emmener au ciel, il avait besoin de lui", et le petit dit " mais moi j'ai besoin de lui ici, je veux mon papa !" ou bien "il va aussi me prendre, ou prendre ma maman !"
  • "Grand-mère est morte parce qu'elle était malade", et si on ne dit rien de plus, très vite l'enfant va associer maladie et mort, et il risque de paniquer à la moindre angine.

Il est donc essentiel de développer la plus grande prudence dans les mots utilisés et une grande honnêteté.

Offrir à l'enfant des photos ou des biens de la personne décédée

Il est judicieux de donner à l'enfant un objet ayant appartenu personnellement au parent disparu qu'il va conserver comme un souvenir précieux et un lien intime avec lui.

Vous pouvez éventuellement le laisser choisir des souvenirs : en feuilletant les albums photos, en regardant les vidéos, en lui permettant de garder des objets ayant appartenu à son parent.

Continuer à faire exister le parent disparu

N'hésitez pas à lui parler du parent mort : mais comme d'un être réel, et pas d'un mythe, c'est-à-dire une personne qui avait ses qualités et ses défauts. Il voudra tout savoir de la couleur des yeux de cette partie de lui qu'il a perdu, à ses plus anciens souvenirs, en passant par ses plus petites mimiques.

Il est important de tout lui dire, en ne lésinant pas sur les détails, ce sont ces petites choses qui font le plus d'effet. Au cours du deuil, les enfants ont besoin de continuer à entretenir des relations avec le parent disparu qui devient ainsi un parent imaginaire, tout en sachant bien qu'il est mort.

Vous pouvez lui montrer ses ressemblances avec le parent décédé. (C'est un lien qui le relie à son parent, mais il est très difficile pour l'enfant d'être regardé en tant qu'enfant d'un mort. De la même manière, ils peuvent devenir un enjeu pour les adultes, ce qui est le signe d'une grande souffrance et d'un deuil plus problématique que la normale.)

Le laisser jouer

Il doit rester un enfant et continuer à mener une vie d'enfant. Jouer est une première tentative pour essayer de se retrouver dans tout ce qu'il vient de vivre. Il peut avoir des jeux en relation avec la mort.

Parfois, avec leurs camarades, ils jouent la mort et l'enterrement. Tous ces phénomènes ne sont pas pathologiques ; il faudra les respecter comme nécessaires au deuil de l'enfant et surtout ne pas le culpabiliser.

Prendre le temps avant de « remplacer » la personne

Il a besoin de rester un certain temps, seul avec la personne qui reste, afin de pouvoir se reconstruire et reconstruire sa vie, c'est ce qui lui permettra de l'accepter plus tard. Il faut que vous appreniez à vivre ensemble, à son rythme avant d'inclure une nouvelle personne.

Ne pas vouloir aider l'enfant tout seul

Autre point important pour le parent en deuil, c'est de comprendre qu'il n'est pas forcément la meilleure personne pour aider l'enfant, parce qu'il n'est pas nécessairement disponible pour l'enfant, lui-même étant pris par la résolution de son propre deuil.

Il est important de trouver dans son réseau familial, oncle, tante, parrain, marraine. ou parmi les amis de la famille, une personne qui, connaissant bien l'enfant et les enjeux d'un travail de deuil, sera attentif à l'enfant, présent, disponible pour l'écouter, l'épauler et lui permettre d'exprimer sa souffrance à travers ses propres moyens d'expression.

En outre, cet accompagnement permet au parent en deuil d'être dédouané de la responsabilité d'avoir à assumer quelque chose qu'il n'est pas en mesure de faire pour l'instant, et qui rajoute de la souffrance à la mère en deuil par exemple ; se sentir une mère indigne, une mère peu attentive aux besoins de son enfant est très culpabilisant.

De plus, n'oubliez pas que ce qui ne peut pas être fait par le parent ou la famille, doit être fait par un adulte extérieur.

Retour à la page principale du dossier